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MISE EN ŒUVRE DU SOCLE COMMUN DE CONNAISSANCES ET DE
COMPÉTENCES : L’ENSEIGNEMENT DU CALCUL C. n° 2007-051 du
2-3-2007 NOR : MENE0700408C RLR : 514-5 MEN - DGESCO A1-4
Texte adressé aux rectrices et recteurs d’académie
; aux inspectrices et inspecteurs d’académie, directrices et directeurs
des services départementaux de l’éducation nationale ; aux directrices et
directeurs d’IUFM
Le décret du 11 juillet 2006, relatif au socle commun de
connaissances et de compétences, fait de l’enseignement des éléments de
mathématiques un enseignement fondamental et associé à la culture
scientifique et technologique, comme l’avait souhaité le Haut Conseil de
l’éducation. Le texte précise : “La maîtrise des principaux éléments de
mathématiques s’acquiert et s’exerce essentiellement par la résolution de
problèmes, notamment à partir de situations proches de la réalité”.
Cependant, les évaluations à l’entrée de la classe de sixième montrent que
les performances des élèves sont insuffisantes en calcul. Or l’activité
mathématique n’acquiert tout son sens que si elle peut s’appuyer sur une
connaissance solide et un savoir-faire assuré des différentes formes de
calcul. L’objet de la présente circulaire est de rappeler la place
prépondérante du calcul dans l’apprentissage des mathématiques et de
préciser les orientations pédagogiques qui découlent de cette exigence. Un
arrêté modificatif du programme de l’école explicitant les objectifs
attendus par cycle, définissant une progression et mettant en
correspondance le texte actuellement en vigueur avec le socle commun de
connaissances et de compétences entrera en application à la rentrée de
l’année scolaire 2007-2008. 1 - Les
objectifs de l’enseignement du calcul
L’enseignement du calcul doit
viser à donner aux élèves des outils qui leur permettent de mieux
appréhender le monde, de résoudre des problèmes de la vie quotidienne et
d’entrer dans l’univers des mathématiques. Il doit placer les élèves dans
des situations qui appellent la mobilisation des connaissances, leur
entraînement et leur consolidation, leur mise en œuvre dans des situations
nouvelles. L’enseignement du calcul doit associer étroitement la
construction du sens des opérations et l’acquisition des diverses
techniques opératoires qui se confortent et se renforcent l’une l’autre.
Ce travail commencé à l’école se poursuivra au collège. 2 - Les fondements de l’apprentissage mathématique
sont posés dès l’école maternelle
Très tôt, l’enfant manifeste des
compétences relatives aux quantités et à leur expression par des nombres.
L’acquisition de la suite orale des nombres commence dès la petite section
de la maternelle et se poursuit en moyenne et grande sections.
L’apprentissage de la comptine numérique et la mise en place de la
capacité à dénombrer doivent faire l’objet d’une attention
particulière. Des activités sont proposées aux enfants pour faire
trouver le nombre d’objets que contiendra une collection après un ajout ou
un retrait. Des problèmes simples peuvent aussi les conduire à déterminer
combien d’objets il faut ajouter ou retirer à une collection pour obtenir
un nombre donné. Les situations de partage équitable ou de distribution
sont aussi l’occasion d’une approche implicite du sens de la
division. 3 - À l’école élémentaire :
calcul mental, calcul posé, calcul instrumenté
L’enseignement du calcul à
l’école élémentaire doit prendre en compte les trois formes usuelles que
sont le calcul mental, le calcul posé et le calcul instrumenté.
L’apprentissage du calcul est aussi inséparable de la résolution de
problèmes qui offre le moyen d’assurer l’appropriation du sens des
opérations. Le calcul mental doit
faire l’objet d’une pratique quotidienne d’au moins 15
minutes L’entraînement au calcul mental
doit être quotidien dès le CP et se prolonger tout au long de l’école
élémentaire. Il s’appuie sur la connaissance parfaite de la table
d’addition puis de la table de multiplication. Les maîtres alternent les
moments d’entraînement et ceux qui permettent de concevoir des méthodes et
de comparer leur efficacité. Les premiers permettent aux maîtres et aux
élèves eux-mêmes de contrôler les acquisitions et de renforcer les acquis.
Ils sont brefs et peuvent se pratiquer selon le procédé La Martinière. Les
seconds sont plus longs : le maître prend le temps de comparer avec les
élèves diverses méthodes, de voir lesquelles sont les plus efficaces et de
les analyser en vue de leur systématisation. Le calcul mental est
l’occasion d’utiliser des propriétés sur les opérations : pour calculer 4
x 26, on peut choisir d’effectuer 4 x 25 + 4 x 1, ou aussi 26 x 2 x 2, ou
encore 4 x 20 + 4 x 6. Trois objectifs dans l’enseignement du calcul
mental, prolongés au collège, sont ainsi mis en évidence :
l’automatisation des calculs simples, la mise en place de méthodes pour
les calculs plus complexes d’une part et pour le calcul approché d’autre
part. Cet enseignement prend appui sur l’intérêt et le plaisir des
élèves à apprendre et à constater leurs progrès. Le calcul posé La
maîtrise d’une technique opératoire pour chacune des opérations est
indispensable. Le travail de construction et d’appropriation de ces
techniques fait appel à de nombreuses propriétés du système d’écriture des
nombres (numération décimale de position). L’apprentissage doit être
conduit avec le souci qu’en soit assurée la compréhension. L’objectif
d’automatisation des procédures repose sur une pratique progressive,
régulière et bien comprise du calcul. Dans tous les cas, les élèves
doivent être entraînés à utiliser des moyens de contrôle des résultats de
leurs calculs. Comme l’a rappelé l’Académie des sciences,
l’enseignement du calcul doit se faire selon une gradation en complexité
entre maternelle et fin d’école primaire. Ainsi, au cycle 2 les élèves
apprennent à effectuer des additions, des soustractions, des
multiplications sur des petits nombres ; dès ce niveau, la division de
deux nombres entiers simples est introduite à partir de situations
concrètes en liaison avec l’apprentissage de la multiplication. La
maîtrise des techniques opératoires des quatre opérations - addition et
soustraction de nombres entiers et décimaux, multiplication de deux
nombres entiers ou d’un nombre décimal par un nombre entier, division
euclidienne de deux entiers - est un objectif important du cycle 3. À ce
niveau, une première approche de la division décimale peut être faite en
introduisant le quotient décimal d’un nombre entier par 2, 4 et 5.
La place du calcul instrumenté : la
calculatrice doit faire l’objet d’une utilisation
raisonnée Le calcul instrumenté est
largement répandu dans la vie courante. Chacun, quelle que soit son
activité sociale ou professionnelle, peut avoir recours à l’usage d’une
calculatrice. Il est donc essentiel que l’école soit en prise avec cette
réalité de notre temps. L’enseignement du calcul doit donc faire une place
à l’usage des calculatrices. Chaque élève doit disposer d’un tel outil et
c’est à l’enseignant de choisir, en fonction de la progression adoptée et
de la complexité des calculs, les situations pour lesquelles l’élève peut
y avoir recours. La calculatrice sera notamment utilisée pour des grands
nombres, pour des séries de cal cul, pour des vérifications. Il est
néanmoins très important de montrer aux élèves que si le recours à la
calculatrice peut se révéler nécessaire pour certains calculs complexes,
il est d’autres situations dans lesquelles le calcul mental s’avère plus
rapide et plus efficace. On veillera à la vérification des résultats
obtenus et on montrera à l’élève qu’il doit toujours y être attentif, par
exemple en calculant mentalement un ordre de grandeur. 4 - La liaison avec les autres disciplines et les
situations-problèmes
La pratique du calcul ne
s’effectue pas seulement pendant les temps de mathématiques. Toute
occasion doit être saisie pour mettre en œuvre ce qui a été appris et le
consolider. Les situations de la vie courante, de la vie de classe sont
privilégiées. Les élèves sont, par exemple, invités à calculer pour
résoudre des problèmes liés à la vie de l’école : une sortie scolaire
(distances à parcourir selon les itinéraires, dépenses à prévoir, recettes
à trouver), une fête et les dépenses qu’elle engage, les besoins de la
classe (acquisitions de livres, de cahiers, etc.), des travaux
d’aménagement qui appellent des calculs d’aires, de périmètres, des
représentations, etc. Les diverses disciplines offrent également de
multiples occasions de calculer. En sciences expérimentales, les activités
appellent des relevés et des calculs sur les nombres ; elles fournissent
aussi aux élèves des occasions d’anticiper des résultats et donc
d’éprouver la prise sur le monde que leur confère le calcul. En histoire
ou en géographie, les calculs de durées, les travaux sur cartes et sur
plans offrent des situations intéressantes, notamment pour l’étude de la
proportionnalité. La pratique de jeux mathématiques et de jeux qui
sollicitent et stimulent le raisonnement logique, comme les échecs - sans
que ces approches par le jeu n’empiètent sur le temps incompressible
dévolu au calcul - contribue aussi à la formation mathématique des élèves
et doit donc être encouragée. Des situations problèmes nécessitant un
tri de données, l’organisation réfléchie des calculs, une présentation
cohérente sont proposées régulièrement. Elles permettent de placer les
élèves dans des situations de recherche et les conduisent à expliciter et
à justifier les solutions qu’ils proposent. L’attention portée aux
démarches et aux erreurs éventuelles est essentielle. 5 - Les expérimentations pédagogiques
La nécessaire progressivité qui
conduit d’une pratique simultanée de la numération et des quatre
opérations à la maîtrise des techniques opératoires et de leur sens à la
sortie de l’école primaire appelle la comparaison et la confrontation des
différents choix pédagogiques effectués par les maîtres, en fonction de
leur expérience, de la réalité des écoles et des classes dont ils ont la
charge. Afin de stimuler et de valoriser les bonnes pratiques, tant pour
ce qui concerne le calcul mental, le calcul posé que le calcul
instrumenté, au cycle II et au cycle III, des expérimentations conçues
dans le cadre de l’article L. 401-1 du code de l’éducation pourront être
mises en place.
Le ministre de
l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la
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